HISTOIRE: un bombardier B-24 se pose à Ensisheim

Bombardier B-24L'Alsace au cours de la seconde guerre mondiale fut le théâtre de nombreux faits aéronautiques.
La plus grande partie consiste dans la chute de différents types d'avions résultant soit de combats aériens soit de destruction en vol par la DCA, soit de pannes ou autres incidents mécaniques qui abrégèrent le vol.

Par contre la destinée du bombardier américain B 24 qui se posa durant l'été 1944 à Ensisheim est à notre connaissance rare, voir unique dans la région.

En effet, à une date, que pour l'instant nous situons entre le mois de juin et début aout 1944, un bombardier quadrimoteur américain du type B-24 «  Liberator » qui faisait partie d'un raid sur l'Allemagne, eut des ennuis mécaniques qui le contraignirent à rechercher un terrain atterrissage de fortune .
Cherchant à rejoindre la Suisse il se dirigeait plein sud, malheureusement à la verticale d'Ensisheim il n'eut plus le choix et se posa dans un champs de seigle pas encore moissonné.
L’atterrissage fut impeccable et l'essieu intact.
En sortant de l'appareil l'équipage au vu des premiers témoins comprit qu'il n'était pas en Suisse et les dix membres qui le composait se dispersèrent.
L'un d'eux choisit la direction Est, vers le vignoble et après maintes péripéties abouti à Linthal, où il  fut hébergé et caché jusqu'à la fin de la guerre dans le village.
Par contre le destin des neufs autres membres de l'équipage est moins connu.
Ayant choisi de se réfugier dans la forêt de la Hardt proche, ils furent rapidement capturés compte tenu des nombreuses unités attenantes qui se cachaient de jour dans cette forêt, pour échapper au regard des « jabo ».
Ramenés à Ensisheim,ils furent transférés le lendemain sur l'autre rive du Rhin et à partir de ce moment-là, plusieurs versions sont données de leur part.
Pour certains ils furent fusillés après un jugement sommaire prononcé par le Gauleiter local,pour d'autres ils furent transférés dans un camp de prisonniers en Allemagne.

Des contradictions

En ce qui concerne la destinée de l'avion,elle est mieux connue bien que certaines contradictions ou incohérences subsistent.
Les Allemands voyant le parti qu'ils pouvaient tirer de ce bombardier intact, sont pour l'utiliser comme destructeur de  bombardiers alliés en s'introduisant dans les « box »  qui constituèrent les grands raids sur l'Allemagne, soit en le versant dans le fameux Kampfgeschwonder 200  (KG 200)
formation d'élite qui, à partir d'avions alliés récupérés, opérait dans les missions clandestines (parachutages d'agents secrets , transports de commandos, missions de ravitaillement,etc...).
Après l'avoir remis en état de vol et préparé le terrain pour qu'il puisse décoller, le B-24 fut détruit la veille ou quelques jours avant son départ par un raid de 40 chasseurs-bombardiers  du type P 38  «  Lightning ».
Beaucoup d'inconnus entourent encore cet épisode de la seconde guerre mondiale. C'est pourquoi l'Association des Amis de l'Histoire de l'Aviation en Alsace (AAHAA) s'efforce de recueillir le maximum de témoignages, voir de photos ,de documents ou de restes de l'avion qui lui permettent de compléter et d'éclairer les zones d'ombre qui persistent dans ce récit.

Dans son livre « Objectif Strasbourg »  de Richard Seiler ,édition de la Nuée Bleu,juillet 2013 p.137
Un descriptif est donné concernant les B – 24 « Liberator » :
Le Consolidated B – 24 Liberator est un bombardier lourd quadrimoteur à long rayon d'action.
Très apprécié des équipages, son principal avantage stratégique,outre son important armement,était son rayon d'action plus important – 3380 Km – que  celui de la Forteresse volante B-17 .
La vitesse maximale était de 483 Km/h à 9 150 m d'altitude étant entendu que le plafond pratique se situé à 8 500 m. L'équipage était constitué de huit à douze hommes. L'armement était composé de
dix mitrailleuses Browning de  12,7mm,d'un canon de 20 mm et de 2270 à 5800 Kg de bombes.

source: DNA n°274 – jeudi 24 novembre 1994 (extrait) ; «Objectif Strasbourg»  de Richard Seiler ,édition de la Nuée Bleu,juillet 2013 p.137
crédit photo: Clansman (Creative Commons www.aviationsmilitaires.net